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Découvrir Edimbourg

En septembre dernier, nous sommes partis 6 jours à Édimbourg. Ce voyage était une (superbe) surprise de mon compagnon !
L’écosse, cela fait longtemps qu’elle nous attire. La culture, le whisky, les paysages, l’architecture… Evidemment, quand on aime et qu’on a grandi avec des lectures comme Harry Potter, Le Hobbit, le Seigneur des Anneaux, d’histoires de légende arthurienne, … (bref, vous avez compris !) ce genre de capitale à âme forte, bien dans son jus, pittoresque et médiévale, on ne peut que rêver d’y aller.
Pour nous, passer 6 jour là-bas, c’est prendre un premier bain écossais (l’occasion aussi de souffler et de se retrouver à 2 après être devenus parents!) et prendre des marques pour y revenir plus tard (y vivre !?!), louer un camping-car et partir 3 semaines avec notre fille dans les highlands.
Finalement, notre séjour se décomposera en 2 jours de voyage pour 4 jours de visite, au lieu de 4 et demi ! En effet, nous aurions du arriver en début d’après-midi dans la capitale écossaise pour pouvoir passer une première demi journée tranquille à se perdre dans les rues. Mais, de couac en couac (et bourde de mon compagnon, pour ne pas dénoncer !!), nous arriverons le soir tard. Trèèèès tard !!
Nous logeons chez l’habitant, dans le quartier de Drylaw dans le nord-ouest d’Edimbourg. Nous y étions très bien, au calme avec les mouettes (la côte est à même pas 2km), une supérette pas loin et surtout le bus juste à côté qui nous amène dans la Old Town, plus exactement sur le North Bridge au pied de la mythique Royal Mile Street en 15 minutes max.


CONSEIL PRATIQUE 1 : Les bus de jours de la compagnie Lothian Buses passent toutes les 10min environ. Ceux de nuit, toutes les heures.
Pour les plus connectés et organisés, ils ont une appli mobile dispo sur l’App store ou Google Play (itinéraire, temps réel…)
Le ticket adulte trajet unique est au prix de £1.60 £1.70 aujourd’hui et il vous faut ABSOLUMENT faire l’appoint car on ne vous
rend pas la monnaie. Le DayTicket, assez pratique et peut-être plus rentable suivant votre organisation est à £4.
Les tickets peuvent s’acheter directement dans le bus. L’occasion de faire entendre votre plus bel anglais et d’entendre le bel accents écossais !


Ce séjour à Edimbourg sera divisé en plusieurs articles composés de photos, de conseils pratiques et de bonnes adresses. Dans ce premier article un peu particulier, vous trouverez les images et surtout beaucoup de texte sur notre première journée dans la capitale écossaise. Les autres articles comprendront beaucoup plus de photos et beaucoup moins de textes et vous aller vite comprendre pourquoi !

JOUR 1 – Sur les traces de mon grand-père

Ce premier jour était quelque peu particulier pour moi et riche en émotions. Pour la petite histoire et comprendre ce qui m’amène là, si vous êtes sur ce site, vous avez sans doute dû voir passer mon nom (à défaut de déjà le connaître !) : Luzynska. Ce nom est en fait le nom d’origine de ma famille ! Mon grand-père, d’origine polonaise, est arrivé en France pendant la seconde guerre mondiale et comme beaucoup de famille à cette époque, son nom a été francisé. De son nom d’origine Piotr Luzynski, il est devenu Pierre Lurcin. De son histoire (et donc de l’histoire de notre famille), nous ne savons presque rien. Comme beaucoup d’autres familles avec ce vécu là, les générations descendantes de nos aïeux traumatisés par la guerre, doivent faire le travail d’une recherche de leur histoire en rassemblant quelques rares informations reçues au sein d’un large silence sur le passé. Comme la construction d’un puzzle, nous connaissons quelques éléments sur la vie de mon grand-père entre sa naissance en Pologne pendant la première guerre mondiale et son arrivée en France. Nous savons qu’il a énormément voyagé, qu’il parlait beaucoup de langues étrangères et bien d’autres éléments de son histoire qui resteront privée ! Parmis ces éléments, nous savions qu’il avait suivi des études d’architecture…à Edimbourg ! Vous voyez enfin où je veux en venir… !

Cette première journée à Edimbourg était la journée “sur les traces de mon grand-père” ! Vous connaissez les universités, surtout dans les grandes villes : il y a des campus un peu partout, souvent les uns éloignés des autres mais j’avais vu sur internet et sur une carte qu’il y avait un bâtiment, pas loin de la Royal Mile, qui abritait le pôle d’architecture. Ayant travaillé à la BU de l’université des sciences humaines à Bordeaux pendant mon cursus de Psycho, j’avais le tout petit espoir de pouvoir y trouver des archives avec de vieux mémoires d’étudiants comme on en trouve dans ma BU. Evidemment, cela impliquait que mon grand-père soit allé jusque là dans ses études et surtout que les personnes travaillant aujourd’hui ici comprennent ma demande et qu’ils soient disponibles pendant mon séjour pour peut-être m’aider. Donc oui, ne nous leurrons pas, en venant ici je ne m’attendais à pas grand-chose. A minima, juste voir de mes yeux vus les bâtiments dans lesquels mon grand-père, jeune étudiant a pu aller. M’imaginer passer les même portes que lui, emprunter les mêmes rues etc… C’est déjà fort pour moi ! En fait, j’obtiendrai bien plus que j’espérais !!!
(Attention, ici, gros potentiel de titre “pute à clique” : “Elle s’imaginait ne rien trouver sur l’histoire de son grand-père et la sienne, mais ce qu’elle y trouva dépassa toutes ses espérances…” on est pas mal là non ??!!?!)

Ici, une femme à l’accueil me dit ne pas trop savoir comment faire, car à l’époque de mon grand-père tous ces différents pôles n’existaient pas et notamment celui dans lequel je venais d’entrer. Elle m’explique aussi ne pas savoir comment pouvait se passer les archives à l’époque de la seconde guerre mondial. Elle me donne alors le nom d’une femme qui travail pour l’université depuis très longtemps et qui en saura peut-être plus sur l’histoire de l’université d’Edimbourg et donc où m’aiguiller. Puis, elle m’envoie dans un autre bâtiment, 2 rues plus loin, dédié aussi au département de l’architecture. Nous nous rendons à l’accueil, qui s’avère être aussi l’accueil général des étudiants des universités d’Edimbourg et le centre d’inscription !

On tombe sur un premier étudiant qui s’occupe de nous, il ira vite chercher quelqu’un d’autre ! La seconde femme nous donne alors le nom de la directrice des archives des universités d’Edimbourg, archives qui se trouvent dans un autre bâtiment 700m plus loin. Elle nous indique également que c’est ce bâtiment là, qui aujourd’hui ne sert “qu’à” la bibliothèque universitaire et aux archives, qui était l’université à l’époque de la seconde guerre mondiale. Il est midi, on choisi donc d’aller manger dans un restaurant du quartier avant de nous rendre là-bas.

Pour ce premier repas écossais, nous irons manger au MUMS. Ce café-resto, nous l’avons choisi grâce au Lonely Planet et nous avons été très content de cette adresse. Là-bas, vous serez très bien reçu par 2 femmes très souriantes et drôles. On y mange les plats traditionnels du pays avec de beaux et bons produits régionaux, le tout dans une ambiance rétro qui, je sais pas pourquoi, me faisait un peu penser à un intérieur qu’aurait pu tenir Meryl Burbank (la femme de Truman !). Jérémy, mon compagnon, était très pressé de découvrir la spécialité écossaise qui fait beaucoup parler d’elle : le Haggis ! Je pense que pour des français, habitués aux abbats, au boudin notamment, la découverte n’est pas si extravagante. Malheureusement, étant allergique aux épices je n’ai pas pu en goûter. Mais d’après Jéremy, ce n’est pas aussi fort en goût que cela le laisse penser. Celui-ci était particulièrement épicé et nous verrons plus tard que ce n’est pas ici qu’il aura mangé le meilleur. Je vous conseillerai donc d’y manger leur brunch, leurs saucisses ou leurs tourtes. Ils ont aussi un bon choix de bières et de cidres pour les amateurs, vous y trouverez votre bonheur ! (vous pourrez retrouver l’adresse de ce café en bas de l’article)

Nous quitterons donc ce café resto pour nous rendre aux archives de l’université. Sur la route nous passerons par la Potterrow (génial pour une Potter fan…!) qui nous amène sur une grande place avec entre autre, et qui m’a fait sourire, une boutique de goodies de l’université (t-shirt, hoodies, mug, crayon etc et même : des body pour bébés !) et un superbe et grand bâtiment : the McEvan Hall. Bâtiment rattaché à l’université où se tient des concerts et surtout la fameuse remise des diplômes.

Juste avant d’arriver au bâtiment des archives, nous passons par George Square gardens qui est un très beau parc privée. On prend le temps de le traverser plutôt que de le contourner, car j’imagine déjà mon grand-père à l’époque y passer aussi pour se rendre à ses cours ! Ce parc est très mignon, bien entretenu et respecté, puis surtout, plein d’écureuil !

Une fois aux archives, j’ai pu enfin rencontrer la directrice. Comme on nous l’a expliqué par la suite,c’était une chance car cette dame a beaucoup à faire et a très peu de temps à accorder aux étudiants mais même à ses collègues. Elle a du être touchée par la demande peu commune que je venais de faire et elle a accepté de m’aider.

Elle est d’abord venue nous voir une première fois pour expliquer que ce serait compliqué de trouver quelque chose car les archives à proprement parlé ont commencé à se faire la dernière année de la guerre, en 45, mais je ne savais pas précisément sur quelles années mon grand-père avait pu y être. Nous avons attendu un petit moment, où nous avons pu parler avec l’homme de l’accueil et aussi une collègue à la directrice des archives qui se trouve être française ! Puis quand elle est revenue, elle a commencé par me dire qu’elle était désolée car elle n’avait pas grand chose, néanmoins elle m’explique que sur les dernières années de la guerre, sont arrivés à Édimbourg quelques troupes de l’armée polonaise. Quelques uns des soldats de ces armés, les plus érudits, avaient la possibilité de venir suivre des cursus universitaires de leur choix.
Elle avait alors retrouvé un livre d’enregistrement des inscriptions de ces soldats étudiants à partir de 1945. Ce livre elle ne l’avait pas avec elle évidement, mais elle a pu me donner le scan de la page où se trouve l’inscription de mon grand-père !! Déjà, c’était énorme mais ce n’était pas fini. Avant de me donner le scan, elle me demande “Voulez-vous savoir où il vivait ?” J’avais en fait beaucoup de mal a répondre. “Il vivait juste à côté d’ici, vous avez du passer devant en arrivant!” Je vous laisse imaginer l’émotion qui peut envahir à ce moment là ! Et puis elle m’a donné le scan, c’était vraiment … trop d’émotion ! Voir ce papier et l’écriture de mon papy  ! Son nom, polonais !, sa date de naissance et d’inscription puis sa fucking adresse !! Bon heureusement que Jérémy était là pour retraduire mon mauvais anglais, le peu que je parlais au milieu de mon mutisme émotif, car la directrice se désolait de me voir pleurer : “Oui, je sais ce n’est pas grand chose, je suis désolée je n’ai rien de plus” ! Non non, c’est déjà tellement énorme et beaucoup !! Surtout qu’ensuite, elle prit le temps de me montrer une base de données IMAGES qu’ils ont en interne où on y retrouve les premières vidéos et photos noir et blanc faites par les étudiants d’art de l’époque et qui immortalisaient chaque événements : spectacle, soirée, remise de diplômes etc. Il y a des centaines et des centaines d’images, de qualité plutôt médiocre mais on y voit beaucoup d’étudiants notamment ces étudiants soldats portant leurs uniformes. Je n’y ait pas vu mon grand-père, mais il m’aurait fallu la journée voir plus pour toutes les regarder une à une. Ce n’était pas forcément la peine, j’ai vu l’ambiance qui ressortait de ces photos et vidéos, ça me suffit amplement pour l’imaginer lui.

Nous sommes repartis après miles remerciements et nous sommes allés voir sa maison ! En effet, elle était juste à côté, donnant sur George Square ! Pas de doute, j’ai eu raison de vouloir  traverser ce parc en imaginant mon grand-père le traverser également : en fait, assurément, il devait y venir s’y poser souvent, discuter avec ses camarades en fumant sa clope (peut-être une gauloise sans filtre aussi comme quand nous le connaissions ?!). C’était d’autant plus fort de l’imaginer là, jeune, car c’est en y pensant que je me suis rendu compte que j’avais alors le même âge que lui lorsqu’il était ici !
Comme à l’époque de mon grand-père, cette maison sert encore de logement étudiants. Sauf qu’étant beaucoup plus nombreux aujourd’hui, la maison a été divisée en 2 ! C’est tout le quartier qui n’était que maisons et appartements réservées aux étudiants, c’est chouette de voir que c’est toujours le cas.

Il était déjà tard quand nous sommes repartis. Après tout ça, j’étais un peu à l’ouest alors on s’est pris de quoi se faire un bon petit repas et nous sommes rentrés. Nous avons préparés nos escapades des jours suivants, qui vous seront présentées dans deux prochains articles.

 


MUMS Great Comfort Food
4A forrest road
Edinburgh