3 janvier 2022

Eau Thermale Jonzac – Groupe Léa Nature

Eau Thermale Jonzac – groupe Léa Nature

Genèse d’une marque de dermo-cosmétique bio française à l’eau thermale


Sommaire

Présentation du projet
Partie 1 – Les acteurs et entités à l’origine de la marque Eau Thermale Jonzac
_ La ville de Jonzac : un contexte géologique et historique
_ Une eau thermale remarquable
_ Le groupe Léa Nature
Partie 2 – La marque Eau Thermale Jonzac
_ Naissance de la marque
_ Eau Thermale Jonzac : de l’eau thermale au produit fini
Conclusion
Portraits des intervenants


Présentation du projet

Originaire de la région de Jonzac depuis plusieurs générations, puis lycéenne à Jean Hyppolite, j’ai toujours vu la fierté des locaux pour son centre thermal et sa géothermie. Plus tard, de loin (j’étais alors étudiante bordelaise), j’ai la surprise de découvrir des produits en pharmacie « Eau Thermale Jonzac » ! De plus en plus, je vois la gamme se diversifier et s’étendre sur davantage de points de ventes et sur toute la France. Je me retrouve à dire à des amis toulousains : « mais oui, Jonzac, c’est chez moi ! ». Il y a une sorte de magie à se dire que notre « petit patelin » rayonne dans toute la France et qui plus est, pour des produits bio, vertueux. Au fond de moi, je nourris la curiosité de bien comprendre comment tout cela a pu opérer. De retour dans la région comme photographe il y a maintenant 3 ans, je constate que les jonzacais connaissent évidement bien la marque
mais peu savent réellement depuis quand elle est apparue, grâce à qui et comment. Tous, nous partageons cette impression familière, comme si les produits avaient toujours été là (sûrement dû à un amalgame avec le centre thermal) et tous, nous avons nos avis sur le lien entre la découverte de la source d’eau chaude par Mr Belot et les produits dermocosmétiques de notre marque locale. Mais au-delà, tout cela reste nébuleux ! Il m’est donc apparu évident de devoir faire un reportage photographique et documenté sur la genèse de la marque Eau Thermale Jonzac, afin de valoriser notre patrimoine local et de mettre en lumière cette belle aventure, à l’attention des jonzacais et peut-être plus !
 

Partie 1 – Les acteurs et entités à l’origine de la marque Eau Thermale Jonzac

La ville de Jonzac : un contexte géologique et historique

À Jonzac se trouve une source d’eau chaude qui ne remonte pas à la surface et n’est donc pas visible. C’est il y a environ 40 ans que Mr Belot, géographe de passion, la remarque et fait creuser des premiers puits pour utiliser cette eau à des fins géothermiques. Très vite, des analyses sont réalisées et l’on apprend qu’il s’agit d’une eau thermale à l’image de celles de Luchon, Bourbonne-Les-Bains, etc. En retraçant l’origine de cette eau présente à 1 850m de profondeur, on sait qu’elle
provient du plateau des Millevaches, à plus de 200km. Une datation au carbone 14 permet également de dire qu’elle arrive ici, dans les sols de Jonzac, âgée de 30 000 années ! Celle-ci est donc richement chargée d’oligo-éléments et de minéraux, ce qui en fait une ressource exceptionnelle. Le projet initial est celui de créer un centre de cure thermale. (En 2019, la chaine thermale du soleil de Jonzac est classée 7ème station thermale nationale et accueille environ 17 000 curistes).
 

Aujourd’hui, il existe trois forages pour puiser cette source d’eau remarquable : le premier forage remonte à 1979 et sert d’abord au chauffage urbain puis au centre thermal de Jonzac qui naît il y a 35 ans. Le second forage arrive en 1992. Il sert en partie au centre thermal et aussi à la géothermie du complexe des Antilles. Le groupe Léa Nature utilise également l’eau issue de ce deuxième forage. Aujourd’hui un troisième vient d’être inauguré, avec une capacité de débit plus importante pour assurer le développement thermal.

Une eau thermale remarquable

Les différentes eaux thermales sont classées selon la quantité de minéraux qui les compose. Celle de Jonzac est hyperminéralisée, en comparaison à d’autres comme La Roche Posay, Avène… qui ne le sont pas. Ce qui signifie une présence de minéraux supérieure à 1500mg/L d’eau. Cette grande richesse en minéraux lui offre une autre particularité : l’isotonicité.


Les points forts de l’eau thermale de Jonzac

Son affinité

Notre corps est composé à 70% d’eau. Celle-ci est riche en minéraux et oligo-éléments. L’eau thermale de Jonzac qui représente un taux de 7 000mg de minéraux par litre d’eau, est du même ordre que celle de notre corps qui est à 9 000mg/L. De ce fait, lorsque les cellules présentes dans l’eau de notre corps sont au contact d’une eau thermale de composition proche, toutes seront sur la même pression osmotique. C’est-à-dire que lorsque les cellules des membranes de la peau sont au contact des produits Eau Thermale Jonzac (composés de 15 à 50% d’eau thermale) l’équilibre osmotique est respecté. C’est l’isotonicité.
Dans le cas contraire où l’eau thermale serait beaucoup moins chargée en minéraux, les cellules de la peau libèreraient de l’eau pour rétablir l’équilibre des charges. Cela créerait des mouvements de cellules, qui se gonflent ou se rétractent. On dit alors que les cellules de la peau sont stressées. Une grande isotonicité respecte donc davantage la peau en ne modifiant pas ses cellules. Ce qui a pour bénéfice de créer une reconnaissance et une grande affinité entre les produits Eau Thermale Jonzac et notre peau.
 


Le groupe Léa Nature

Crée en 1993 par Charles Kloboukoff, le groupe Léa Nature était initialement un groupe de phytothérapie avec notamment la vente de compléments alimentaires.


L’éthique et la pédagogie du groupe Léa Nature

Le naturel et bio

Historiquement, le groupe Léa Nature commence à travailler et commercialiser des produits cosmétiques « naturels » dès 2000. A cette époque il n’existe pas encore d’appellation contrôlée « bio », mais leur volonté est déjà là et leur démarche également. En 2003, apparaissent enfin les labels et la cosmétique certifiée bio à proprement parler. Léa Nature fait donc partie des pionniers dans le domaine de la cosmétique biologique.

L’éthique

La cosmétique est par définition tout produit hors médicament destiné aux soins du corps et de la beauté, par extension donc, intimement lié à la notion de bien-être. Ce mot « cosmétique » vient du grec Kosmos, signifiant aussi bien la parure et la beauté que l’ordre naturel et l’harmonie de la terre, de l’univers et des Hommes. Dans ce concept de prendre soin de soi, il devient donc évident et de plus en plus important pour nous tous, d’avoir conscience de ce que l’on se met sur la peau et de savoir comment sont fabriqués les produits.
Pour Léa Nature, il est alors important de pouvoir proposer toute une large gamme de cosmétiques répondant à ces attentes-là. Tout d’abord en sélectionnant les matières premières et les fournisseurs – heureusement de plus en plus nombreux à proposer des matières premières répondant à des chartes bio – et en travaillant avec des process respectueux de ces matières. Le tout pour une démarche vertueuse, à l’image de la marque Eau Thermale Jonzac qui illustre très bien l’éthique du groupe mais aussi l’évolution de la cosmétique bio de ses débuts à aujourd’hui.

La pédagogie

Etant pionniers dans la cosmétique naturelle et bio et face à la demande croissante de transparence et de produits de qualité de la part des consommateurs, Léa Nature joue aussi un rôle de pédagogue non seulement auprès des consommateurs mais surtout auprès de tous les acteurs du secteur. À commencer par les
fournisseurs qui sont des partenaires privilégiés que le groupe pousse à aller plus loin, par exemple : dans la traçabilité, dans les produits utilisés ou encore dans la sensorialité, très importante en cosmétique. Mais il reste toujours de quoi s’améliorer et de quoi explorer.
 


Partie 2 – La marque Eau Thermale Jonzac

Naissance de la marque

C’est en 2006, que commence l’histoire de la marque Eau Thermale Jonzac, grâce à la rencontre entre Claude Belot (à l’époque Maire de la ville de Jonzac en Charente-Maritime) et Charles Kloboukoff (Fondateur et Président de Léa Nature). Mais remontons un peu le fil de l’histoire !

portrait de claude belot sénateur et président de la communauté de commune de haute saintonge


Il y a longtemps (vers 1986), on découvre les vertus médicales d’une eau thermale présente en profondeur dans les sols de la ville de Jonzac. Ses vertus sont reconnues et les thermes de Jonzac qui naissent sont accrédités par l’académie de médecine, notamment sur les trois axes de soins que sont la phlébologie, la rhumatologie et les voies respiratoires (plus largement, la sphère ORL).
Au sein de ce centre de cures thermales où l’on accueille sur le long terme des patients (sur des périodes de 3 semaines minimum), le personnel soignant commence à remarquer, en plus des soins apportés, de réels effets sur la peau des curistes. Notamment sur la cicatrisation ou bien sur la diminution d’eczéma, etc. Le constat devient général, on note une franche amélioration de la qualité de la peau au départ des curistes !

L’idée commence à faire son chemin : cette eau thermale possèderait également des qualités intéressantes pour la dermatologie. C’est alors qu’au cours d’une rencontre, Mr Belot parle de ce constat à Mr Kloboukoff qui lui proposera un partenariat de 3 ans pour la création de cosmétiques à base de cette eau afin de permettre à un plus large public de bénéficier de ses propriétés. Le groupe rochelais Léa Nature, fort de son expérience dans la cosmétique bio depuis une quinzaine d’années et attaché aux partenariats avec des fournisseurs locaux, permettra de commencer. Celle-ci, connaissant un beau succès, le partenariat initialement de 3 ans, existera bien au-delà !

/!\ Il est important de préciser qu’il ne faut pas faire d’amalgame entre les thermes de Jonzac et son utilisation de l’eau à des fins de soins médicaux (phlébologie, rhumatologie et respiratoire) et l’utilisation dermo-cosmétique de cette même eau par Léa Nature. Les thermes ne font pas de dermatologie, Léa Nature ne fait que de la dermo-cosmétique !


Eau Thermale Jonzac : de l’eau thermale au produit fini
De l’idée et du partenariat entre Claude Belot et Charles Kloboukoff, il aura fallu 5 ans d’études en laboratoire pour permettre la naissance de la marque Eau Thermale Jonzac et la commercialisation de ses produits. Pendant ces 5 ans d’études, de nombreux tests seront réalisés. Après un premier travail de datation de l’eau thermale (vu dans le premier paragraphe de la partie 1), il a fallu analyser cette eau pour en connaitre son exacte composition. Celle-ci est classée dans les eaux dites hyperminéralisée, au taux exact de
7000mg de minéraux par litre d’eau (à savoir que l’eau de mer est à 35g/L, avec majoritairement du NaCL : du sel). Une eau thermale quant à elle contient souvent tous les minéraux, mais chaque eau thermale à une représentation et un taux de présence de ces minéraux qui lui est propre et qui la rend unique. Suite à l’analyse de sa composition et à la reconnaissance de ses vertus (détaillées dans le paragraphe « Une eau thermale remarquable » de la partie 1), la formulation peut commencer !
 

Les défis à relever

La formulation

L’eau thermale de Jonzac est l’ingrédient principal des produits cosmétiques (entre 15 et 50% d’eau dans un produit), elle prend donc une part très importante et non négligeable dans la formulation d’un produit cosmétique. Mais le travail d’une eau avec un taux aussi élevé en minéraux s’est avéré bien plus complexe que prévu. – Pour exemple : l’émulsion, produit phare de la cosmétique, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’une dispersion de micro gouttelettes d’huiles dans une phase aqueuse. On mélange une phase aqueuse (eau) et une phase grasse (mélange de corps gras sous agitation très forte pour « casser » cette phase grasse qui forme alors des petites billes d’huiles. L’eau et l’huile ont la particularité de ne pas se mélanger. Pour permettre cela, on utilise des émulsionnants. Ce sont des ingrédients qui ont la particularité de lier l’eau et l’huile car ils ont une affinité avec les 2 éléments. Ils se placent ainsi tout autour des gouttelettes d’huiles; à l’interface de l’eau et de l’huile. C’est la forme la plus stable pour maintenir l’ensemble lié.
Mais la présence d’une grande quantité de minéraux a tendance à perturber cette stabilité car les minéraux qui se positionnent à l’interface eau-huile, empêchent les émulsionnants de jouer leur rôle de liant, en modifiant notamment leurs structures. L’eau de Jonzac étant particulièrement minérale, il devient alors très compliqué de la mettre en oeuvre. – Il aura fallu l’étudier pendant un petit moment pour l’apprivoiser. Comprendre comment elle se comporte, bien connaitre les matières premières choisies, pour ne pas contrer ses caractéristiques mais travailler « autour » d’elle et avec elle. Il ne s’agit pas seulement de réussir à formuler cette eau mais également de réussir à faire que toute l’émulsion soit en parfaite affinité avec la peau, pour respecter et mettre en valeur cette belle propriété unique d’isotonicité de l’eau thermale de Jonzac. C’est ce qui devient la philosophie de la marque : créer des produits en parfaite affinité pour le respect des peaux sensibles.
 

« Cela nous aide aussi à développer notre créativité quand nous sommes comme cela, face à la contrainte. C’est finalement ce qui fait la grande force de l’IRD (Innovation Recherche et Développement) !»

Laurence Rabaud – Directrice technique soins IRD Léa Nature

La texture

Forcément, en cosmétique bio le travail n’est pas le même qu’en cosmétique conventionnelle. Il faut parfois revenir aux fondamentaux pour les sublimer. Le plus important aussi, pour les consommatrices et consommateurs à ne pas négliger est le rendu final qu’offre une texture. La clé est dans la parfaite connaissance et maitrise des matières premières. Parfois jouer à les détourner de leurs utilisations et de leurs propriétés initiales pour obtenir un toucher doux, presque siliconé (mais sans silicone !). Pour arriver à obtenir des produits sensoriels, avec un vrai plaisir d’utilisation à proposer aux consommateurs et chasser les idées reçues sur la cosmétique bio !

« Quand on regarde en arrière, je trouve que Jonzac illustre très bien cette transition entre la cosmétique bio qu’on disait « sans » où, oui, on était sûr de ne pas avoir de matières premières nocives pour l’environnement et notre corps, mais il fallait faire des concessions, sur l’odeur, la texture.. et maintenant, où l’on est passé à une cosmétique « sans concession » ! Une cosmétique plaisir et qui continue à faire son chemin et dont il reste, bien-sûr, encore à faire. Ce chemin créatif, qui réunit technicité et sensorialité, pour aboutir à des produits de qualité; c’est un savoir-faire qui fait la grande fierté de l’équipe ! »

Laurence Rabaud

Des produits haute tolérance

Dans ce domaine, la cosmétique bio a également été décriée, car mal supportée par certaines peaux sensibles ! Beaucoup comportaient des huiles essentielles, entre autres pour le parfum, dans la composition de leurs produits, qui certes sont pleines de vertus intéressantes mais ne sont pas toujours bien tolérées et peuvent provoquer d’importantes réactions allergiques. Le défi ici devient donc celui de prendre tout le bien de la cosmétique bio mais en allant plus loin, en proposant des produits sans composant
à risque allergisant mais au contraire protecteur et respectueux des peaux sensibles et intolérantes. Il a fallu se passer de composés comme les huiles essentielles, mais aussi l’alcool (intéressant pour le côté fraicheur, tonifiant mais provoquant des desséchements), les fruits à coque, les sulfates (très souvent utilisés comme tensio-actifs, pour « mousser », donc très agréables à l’utilisation mais trop irritants pour la peau) et autre.
 

La conservation

Un produit cosmétique doit répondre à une norme qui est celle de la conservation : il doit être utilisable 30 mois après fabrication, et conservé 6 mois après ouverture en moyenne selon les produits. Pour garantir cela, chaque produit est testé : voir paragraphe Les différents tests. Mais les conservateurs restent des molécules qui peuvent être irritantes ou allergisantes. Il a fallu longtemps aux équipes du laboratoire IRD
(Innovation Recherche et Développement) de Léa Nature pour trouver les bons composants ayant un bon équilibre entre une efficacité anti-microbienne à long terme (qui est le rôle d’un conservateur) et leur tolérance. Tout cela grâce à des tests de mesure de réactivité cutanée. Un composé peut être bien toléré à 0,5% et plus du tout à 1%. Il fallait donc trouver les bonnes associations, aux bonnes doses, sans allergène.
 

Il y a donc eu plusieurs défis à relever et ils l’ont été au bout de deux ans et demi, trois ans. Il a fallu entre 50 et 100 essais par produit contre habituellement une vingtaine d’essais pour des produits mieux connus en terme de formulation. Le challenge est réussi !
C’est vraiment à force de motivation et de persévérance de l’équipe entière que l’on doit le succès des formulations des produits avec cette eau hyperminéralisée.

« Nous avions vraiment à cœur de réussir à proposer cette offre-là, parce que nous étions convaincus des propriétés, des effets sur la peau, qui plus est, du dermo-cosmétique, en bio et haute tolérance qui sont trois paramètres très challengeant et totalement innovant et inexistant à ce moment-là. On y croyait vraiment beaucoup !»

Laurence Rabaud

L’aspect sécurité des produits Eau Thermale Jonzac

Toutes ces années de recherche du labo IRD ont permis à la marque de déposer plusieurs brevets valorisant ce travail et rassurant également les consommateurs. Aussi, et contrairement aux idées reçues sur les produits cosmétiques bio, les produits Eau Thermale Jonzac subissent les même batteries de tests que les cosmétiques conventionnels avant leur mise sur le marché. Ce sont des tests évaluant et la stabilité, l’acceptabilité, la tolérance et l’efficacité, notamment comparée à des produits bien installés sur le marché, y compris conventionnels.


Les différents tests

Tests de stabilité :

Challenge test : tests réalisés par des prestataires externes, pour mesurer l’efficacité anti-microbienne du conservateur.

Tests d’efficacité et de bonne tolérance des produits :

Ces tests sont aussi réalisés par des prestataires externes. En tests vivo, on place des patchs sur la peau de volontaires pendant 48h et on regarde comment le produit réagit (très souvent, il ne se passe rien, car au préalable, la toxicité des matières premières est contrôlée). Puis des tests vitro en laboratoire sont réalisés pour tester l’irritabilité oculaire du produit.

Tests d’usage :

Les produits sont testés par des volontaires en condition normale d’utilisation, pendant environ 28 jours (prenant en compte le cycle cellulaire compris entre 21 et 28 jours, ainsi que le cycle hormonale de la femme) pour une application entre 1 à 2 fois par jour en fonction du produit et de ce qui est recommandé. Parfois, ces tests sont réalisés sur des périodes plus longues allant de deux à trois mois suivant les produits (notamment anti-rides). Un dermatologue regarde l’état de la peau des volontaires avant et après utilisation des produits, puis se prononce sur sa bonne tolérance ou si des modifications sont à apporter dans la formulation. A ces tests sont souvent couplés les test d’efficacité. Par exemple, pour un anti-rides : on réalise une empreinte de la patte d’oie, qui relève les sillons de la ou des rides. On refait la même chose 28 jours plus tard et on compare les deux empreintes. En fonction des variations avant-après, l’efficacité est mesurée et validée. Pour l’hydratation, c’est une sonde qui mesure le courant électrique qui passe dans la peau : plus la peau est hydratée, plus ce courant est important. Cette sonde est placée sur l’avant-bras ou sur les jambes. On réalise une première mesure, le produit est appliqué de manière unique puis une seconde mesure est faite entre 1h, 8h ou 24h après. Léa Nature procède aussi à des tests à l’aveugle auprès de consommateurs pour pouvoir situer leurs produits en comparaison à d’autres marques concurrentes, même conventionnelles, et ainsi évaluer les points forts de la marque et les points à améliorer.

La production

En premier lieu, il a fallu mettre en place une filière d’approvisionnement et une unité de production de l’eau thermale de Jonzac sur le site d’extraction avec une société spécialisée dans le traitement de l’eau. Cela permet d’avoir une quantité d’eau disponible et stockable sur place qui est ensuite acheminée vers le groupe Léa Nature à Périgny. Depuis le lancement de la gamme Eau Thermale Jonzac il y a 10 ans, la quantité d’eau acheminée a été multipliée par 10. L’extraction d’eau se fait au minimum 1 fois par mois, via des
« campagnes d’extractions ». A l’eau sont d’abord ajoutés les conservateurs (notamment utilisés dans les produits dermo-cosmétiques Eau Thermale Jonzac) pour pouvoir la conserver quelques semaines dans des containers opaques. L’eau thermale doit être complètement protégée de la lumière et de l’air (les containers sont remplis jusqu’à débordement), pour finalement se retrouver dans les mêmes conditions que lorsqu’elle est sous terre.
 


En bref, voici les différentes étapes de production d’un produit Eau Thermale Jonzac :

1- Extraction de l’eau sur le site de Jonzac et purification (l’eau est filtrée pour enlever le fer qu’elle contient : pour ne garder que les minéraux) 2- Acheminement de l’eau sur le site de Périgny et stockage 3- Phase de fabrication en 2 temps : Pour aller plus loin : La logique de production est organisée pour « limiter les perturbations » : faire le moins de réglages sur les machines pour gagner en temps et en efficacité. Ainsi, c’est le type et le format de flacon qui lance une campagne de production, étudiée en fonction des besoins des 6 prochains mois.
a- Préparation des ingrédients : a.1- Pesée des matières premières une par une a.2- 48h maximum après, elles passent dans des mélangeurs 300kg à 5 tonnes pour réaliser les produits de la gamme correspondant.
a.3- Déchargement du mélange dans des poches stériles en attente de la « libération qualité ». Etapes où les tests qualités sont réalisés avant l’autorisation de conditionnement. b- Conditionnement dans les flacons correspondant au produit 4- Stockage des produits où d’autres tests sont réalisés (notamment d’emballage, etc.) 5- Distribution

Toutes ces étapes sont faites sur place sur le site de Périgny. C’est notamment l’évolution et l’essor de la gamme Eau Thermale Jonzac qui a permis la création de la nouvelle unité de production du groupe Léa Nature en 2019. La cadence de ligne de production est de 50 unités/min soit 12 000 produits en une journée de 8 heures. Les effectifs sur le site de production sont de 150 personnes (80 personnes en production, une dizaine de personnes sur la maintenance des machines, une dizaine de magasiniers et environ 50 personnes au service qualité, recherche et développement). Initialement, Julien Campion se souvient qu’en 2007 ils étaient moins de cinquante personnes sur le site. Une belle progression !

La mise sur le marché

Il y a 10 ans, en 2011, sortent les premiers produits. Il en existe alors 25 au total, dans quatre gammes : hydratation, peaux sensibles et intolérantes, qui existent encore aujourd’hui. Puis les gammes maquillages correcteurs (dont fonds de teint avec indice de protection solaire) aujourd’hui transformés en BB crèmes et la gamme régénération cellulaire et cicatrisation ayant un peu évolué aujourd’hui. Ces produits sont initialement commercialisés en pharmacies et parapharmacies comme dermocosmétiques aux côtés de marques comme Uriage, Avène, La Roche Posay,… La marque Eau Thermale Jonzac est alors une nouvelle offre de produit bio à base d’eau thermale, n’existant pas à l’époque. De ce fait, les produits se vendent mais pas dans les écoulements attendus par ces grandes enseignes de pharmacies et de parapharmacies, ils sont alors déréférencés. Léa Nature change donc de stratégie et se rapproche des magasins bio qui sont déjà bien habitués à la vente de produits cosmétiques bio mais pas à base d’eau thermale. C’est là que commence le succès de la marque. Succès qui s’explique par le fait que les consommatrices étaient déjà habituées aux cosmétiques bio, mais en plus, elles découvraient une toute nouvelle gamme de produits à base d’eau thermale et pour les peaux sensibles.
Voyant ce succès, les pharmacies et parapharmacies ont alors de nouveau référencé les produits Eau thermale Jonzac. Entre temps, Léa Nature avait pu peaufiner sa démarche commerciale (outils de communication : échantillons, formatrices / animatrices, etc.) et les consommatrices ont plébiscité les produits.


Conclusion

« Cette marque a aujourd’hui 10 ans et est plébiscitée car elle a su fidéliser. Lorsque l’on réussit à associer plaisir d’utilisation, efficacité et authenticité, alors le pari est réussi ! Les utilisateurs le ressentent et n’ont plus envie de se séparer de leur produit ! »

Laurence Rabaud

Par ce reportage photo documenté, j’espère avoir pu éclairer davantage ce qu’il se cache derrière la marque Eau Thermale Jonzac en révélant toutes les étapes depuis la découverte de cette eau thermale jusqu’aux produits sur nos étalages. J’espère vous avoir permis de réaliser à quel point notre ville possède une richesse notable et très intéressante dont nous pouvions avoir une vague idée mais qui est bien au-delà. Et aussi d’avoir mis en lumière l’implication de Claude Belot et son esprit visionnaire pour sa ville, qui a tellement participé à l’essor de Jonzac, de ce qu’elle est aujourd’hui et de ce qu’elle deviendra.


Portraits des intervenants

Claude Belot

Conseiller municipal et maire de la ville de Jonzac depuis 1977, Claude Belot devient ensuite sénateur du département de la Charente-Maritime de 1989 à 2014. Il est depuis 1993 jusqu’à aujourd’hui président de la Communauté de Commune de Haute-Saintonge.

Christophe Cabri

Maire de Jonzac depuis 2020, Mr Cabri est aussi Vice-Président du Conseil Départemental de Charente Maritime en charge de l’international, Conseiller départemental du canton de Jonzac et Vice-Président de la Communauté des Communes de Haute-Saintonge

Serge Espin

Mr Espin est l’actuel directeur de l’établissement thermal de Jonzac.

Julien Campion

Mr Campion est responsable et manager de production, encadrement et support Direction Industrielle chez Léa Nature. Il intègre le groupe en 2007 et participe à la mise en place de la gamme Eau Thermale Jonzac dès ses débuts.

Laurence Rabaud

Laurence Rabaud a une formation de biochimiste à l’université de Rennes et commence son parcours professionnel en cosmétique conventionnelle en Bretagne. Après 9 ans où elle assoit son goût pour le bien-être et explore sa créativité, elle souhaite donner plus de sens à son métier et choisit de s’orienter vers plus de naturalité. Elle croise alors le chemin de Léa Nature, pionnier en cosmétique bio et intègre le groupe il y a 14 ans. Elle est aujourd’hui la directrice technique Innovation, Recherche et Développement (IRD) pour la catégorie des produits soins visage, corps et puériculture.

Marion Barre

Après un master en Marketing cosmétique et parfumerie, Marion Barre intègre le groupe Léa Nature il y a 12 ans. Elle occupera différents postes de commerciale et marketing avant de devenir responsable communication des marques cosmétiques vendues en parapharmacies, pharmacies et magasins bio.

Remerciements

Merci énormément au groupe Léa Nature, par l’intermédiaire de Marion Barre, pour avoir cru en mon projet et m’avoir permis de le réaliser ! Merci de m’avoir ouvert les portes des locaux de Périgny pour leurs visites. Merci à tous les intervenants d’avoir pris sur leur temps pour m’accorder les interview : Laurence Rabaud qui m’a également accueilli dans le laboratoire de recherche, Julien Campion qui m’a fait la visite de la ligne de production.


Merci à Mr Belot et Mr Cabri, qui malgré de gros emploi du temps ont pu me recevoir, par deux fois ! Merci au centre thermal de Jonzac et Mr Espin de m’avoir ouvert les portes pour me permettre un échange et quelques photos !


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